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Sécheresse, désertification et déplacements internes : quand la crise des terres devient une crise des droits
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Sécheresse, désertification et
déplacements internes :
Quand la crise des terres devient une crise des droits
À l’approche de la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), qui se tiendra à Oulan-Bator en Mongolie en août 2026, le Secours Islamique France publie une note de positionnement consacrée aux liens entre dégradation des terres, sécheresse, déplacements internes et droits humains.
À travers cette analyse, le SIF appelle à prendre pleinement d’une crise encore trop peu visible et pourtant lourde de conséquences : la dégradation progressive des terres et la raréfaction de l’eau ne sont pas uniquement des enjeux environnementaux. Elles menacent directement les moyens de subsistance, aggravent les inégalités et deviennent des facteurs majeurs de déplacements forcés.
Une crise lente aux conséquences immédiates
La sécheresse et la désertification sont souvent perçues comme des phénomènes environnementaux lointains. Pourtant, leurs conséquences sont déjà concrètes pour des millions de personnes. La désertification désigne la dégradation progressive des terres sous l’effet de facteurs climatiques et humains : érosion des sols, perte de végétation, agriculture intensive, surpâturage ou déforestation.
Lorsque l’eau se raréfie et que les terres perdent leur capacité de production, les récoltes diminuent, les troupeaux s’affaiblissent et les revenus chutent. Les impacts dépassent largement le secteur agricole : ils touchent l’accès à l’eau potable, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation et aux moyens d’existence.
Quand la mobilité devient une stratégie d’adaptation
Dans de nombreux contextes, les déplacements ne résultent plus d’un choix, mais d’une absence d’alternative face à l’effondrement progressif des ressources. En 2025, près de 29,9 millions de déplacements internes liés aux catastrophes ont été enregistrés dans 140 pays et territoires*.
Les phénomènes à évolution lente, comme la désertification ou la salinisation des sols, restent toutefois difficiles à mesurer, ce qui conduit à sous-estimer leur impact réel.
La mobilité humaine doit être reconnue comme une stratégie d’adaptation face aux effets du changement climatique. Elle doit être intégrée aux politiques de restauration des terres et de gestion durable des ressources, plutôt que considérée uniquement comme une conséquence des crises.
*IDMC (Internal Displacement Monitoring Centre)
Des vulnérabilités qui touchent d’abord les plus exposés
Les effets de la sécheresse et de la dégradation des terres ne touchent pas toutes les populations de la même manière. Les femmes, les enfants, les jeunes, les petits exploitants agricoles, les éleveurs et les communautés marginalisées sont parmi les plus exposés.
Les femmes jouent un rôle central dans la sécurité alimentaire et la résilience des communautés, mais restent confrontées à des inégalités persistantes dans l’accès à la terre, aux ressources financières et aux espaces de décision.
Les enfants sont également particulièrement vulnérables. Les crises liées à l’eau et aux terres peuvent interrompre leur scolarité, fragiliser leur santé et accroître les risques d’exploitation ou de stratégies d’adaptation négatives au sein des familles.
Des solutions existent : investir dans la résilience
La désertification n’est pas une fatalité. Des solutions locales et durables ont déjà démontré leur efficacité : restauration des sols, gestion communautaire de l’eau, agriculture résiliente, systèmes d’alerte précoce ou encore initiatives de restauration à grande échelle comme la Grande Muraille Verte.
Le SIF défend une approche intégrée combinant adaptation climatique, protection des moyens d’existence et renforcement des capacités locales. Ses interventions à Madagascar, au Pakistan, au Sénégal et en Somalie montrent qu’investir dans l’accès à l’eau, l’agriculture adaptée et la préparation aux crises permet de réduire les vulnérabilités et de limiter les déplacements contraints.
Pour une justice climatique fondée sur les droits humains
Face à l’intensification des sécheresses et à l’extension des zones arides, il est urgent de passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation. Les réponses doivent être déclenchées dès lors que les droits fondamentaux sont menacés, notamment l’accès à l’eau, à l’alimentation, à l’éducation et aux soins.
À l’approche de la COP17, le SIF appelle à mieux intégrer la mobilité humaine dans les cadres internationaux liés au climat et à la restauration des terres, à renforcer les financements dédiés à l’adaptation et à garantir la participation des communautés concernées, notamment des femmes, des jeunes et des personnes déplacées internes.
Sécheresse et désertification ne sont pas seulement des crises environnementales : ce sont des crises humanitaires qui touchent la dignité, les droits et l’avenir de millions de personnes.



