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LE SIF AU CNDSI
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LE SIF AU CNDSI
Pour une meilleure prise en compte des droits de l’enfant dans la politique de solidarité internationale de la France
Le 18 février 2026, le Secours Islamique France a organisé la deuxième session du Groupe de Travail « Droits de l’enfant » du Conseil National du Développement et de la Solidarité Internationale (CNDSI), au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Modérée par le SIF, et co-présidée par son président, cette nouvelle rencontre visait à renforcer la centralité des enfants et de leurs droits dans l’action humanitaire française.
Les coupes drastiques dans le budget de l’Aide Publique au Développement (APD) mettent en danger des millions d’enfants dans le monde, dans un contexte marqué par les guerres, les crises et les catastrophes climatiques. Sur proposition du SIF, l’ensemble des membres du CNDSI et le MEAE ont validé la création d’un Groupe de Travail (GT) sur les droits de l’enfant au sein du Conseil. Cet organe est l’enceinte officielle de dialogue et de concertation entre les différents acteurs et actrices de la solidarité internationale sur les orientations et les moyens de la politique française de développement.
Ce GT sur l’enfance a pour objectif d’identifier les approches favorisant une intégration systématique des enfants et de leurs droits dans toutes les interventions de la France et d’identifier comment mieux prioriser et diversifier les financements dédiés aux droits de l’enfant, en tant qu’investissement stratégique pour la paix et le développement. Il permettra aussi d’alimenter le positionnement de la France sur les processus diplomatiques en cours ou à venir pour qu’elle intègre un langage sensible aux enfants et à leurs droits et porte des actions ambitieuses en leur faveur sur la scène internationale.

La centralité des droits de l’enfant, au cœur de la seconde session
Cette seconde session a été ouverte par un discours introductif de Rachid Lahlou, Président-Fondateur du SIF, qui a rappelé les enjeux de protection de l’enfance dans les crises et l’importance de mettre les droits des enfants au cœur des réponses humanitaires, dans un contexte où les violences graves contre les enfants dans les conflits armés ont augmenté de 25% en un an.
Les échanges se sont structurés en deux temps forts : une première séquence a porté sur la manière dont la diplomatie française peut mieux protéger les enfants dans les crises et garantir leur prise en compte dans la réponse humanitaire internationale. Une seconde séquence a été consacrée aux dispositifs de pilotage stratégiques et techniques nécessaires pour assurer cette centralité des droits de l’enfant.
Tout au long de la rencontre, le SIF a assuré la modération des discussions et Valentina Origoni, Directrice Relations Institutionnelles et Plaidoyer, est intervenue pour porter l’expertise de l’ONG. Hani Mansourian, Directeur de l’Alliance pour la Protection de l’enfance dans l’action humanitaire, a également pris la parole pour rappeler que « nous assistons à un mépris croissant pour le droit international humanitaire et les Droits de l'Homme. Le message reçu sur le terrain est dangereux : les règles seraient facultatives et la responsabilité négociable, en particulier lorsque les victimes sont des enfants ». Le bureau Children and Armed Conflict (CAAC) des Nations Unis (enfants et conflits armés), Save the Children, la direction française des Nations Unies et organisations internationales du MEAE (NU-OI), la DG ECHO de l’Union Européenne, ainsi que le Centre de Crise et de Soutien du MEAE (CDCS) sont également intervenus sur les enjeux de la centralité des droits de l’enfant.
Pour une prise en compte concrète des droits de l’enfant dans la politique de solidarité internationale de la France
Cette deuxième rencontre s’inscrit dans la continuité des travaux engagés lors de la première session du groupe de travail, organisée le 14 novembre 2025 et consacrée aux « dispositifs opérationnels pour la prise en compte transversale des enfants et de leurs droits ». Les participant(e)s avaient alors travaillé sur deux axes : la prise en compte transversale et systématique des droits de l’enfant dans la politique de développement et humanitaire de la France, et les moyens d’opérationnaliser cette approche dans les programmes, les outils et les mécanismes d’aide. L'Agence Française de Développement a notamment présenté les approches genre et jeunesses de la France, pouvant être inspirantes pour les droits de l’enfant. Ces échanges ont posé les bases d’une réflexion collective pour faire des droits de l’enfant un enjeu de la politique de développement et de l’action humanitaire française.

Vers une 3ème session et un rapport remis au ministère
Les travaux du groupe se poursuivront lors d’une troisième session, prévue le 16 avril 2026, qui sera consacrée aux enjeux de financement. Cette session visera à identifier les ressources et les mécanismes nécessaires pour assurer un soutien durable aux politiques en faveur des droits de l’enfant.
À l’issue de ce cycle, un rapport officiel du CNDSI sera élaboré et transmis à la Ministre déléguée auprès du MEAE, Eleanore Caroit, Chargée de la Francophonie, des Partenariats Internationaux et des Français de l’étranger. Ce rapport formulera des recommandations pour renforcer la place des enfants et de leurs droits dans la politique de développement et de l’action humanitaire de la France.
En animant ce GT, le Secours Islamique France réaffirme son engagement à porter la voix des enfants les plus vulnérables au sein des espaces de décision, et à contribuer à des politiques publiques plus protectrices et ambitieuses à leur égard, en étroite collaboration avec l’UNICEF France, le Groupe Enfance et l’ensemble des acteurs associatifs mobilisés pour la protection des enfants dans les crises.



