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C7 2026 : un sommet pour la justice et la solidarité internationale
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C7 2026 : un sommet pour la justice et la solidarité internationale
Le SIF et ses partenaires ont participé à la conférence du G7 organisée par la société civile
Le vendredi 5 juin, l’équipe Plaidoyer du SIF a participé au Sommet Civil 7 (C7), une conférence internationale réunissant des organisations de la société civile en amont du sommet du G7, qui s'est tenu sous présidence française à Évian du 15 au 17 juin. Organisé par Coordination SUD et les sociétés civiles des autres pays du G7, cet événement visait à élargir le champ des discussions du G7 et à faire entendre la voix des acteurs de la société civile. Il s’est tenu à l’Agence française de développement (AFD), à Paris, et a réuni des représentants de plus de 100 organisations issues de 26 pays différents.
Une remise en cause des droits fondamentaux
La conférence s’est ouverte par une allocution de Yolaine Guérif, vice-présidente de Coordination SUD et Directrice Générale de l’association Partage, qui a souligné l’importance de « défendre des valeurs communes dans un contexte où les droits fondamentaux sont régulièrement bafoués ». Faisant référence aux conflits en cours à travers le monde, elle a rappelé les conséquences de ces crises sur les populations les plus vulnérables.
Elle a également évoqué la situation en France, soulignant que, dans un contexte où « les possibilités de rassemblement civique sont de plus en plus limitées », des événements comme le C7 revêtent une importance particulière. Elle a insisté : « Cette conférence est un message adressé au G7 pour lui dire que nous devons travailler ensemble. »
Pleins feux sur Gaza
Le discours d’ouverture a été suivi du témoignage poignant - depuis la bande de Gaza - d’Akram Ajour, militant palestinien et membre d’Euromed France, qui a évoqué la situation d’urgence persistante dans laquelle tentent les habitants de Gaza et de Cisjordanie tentent de survivre.
Akram Ajour a déclaré : « J’aimerais me tenir ici aujourd’hui et vous parler du changement climatique ou du développement à long terme, mais je ne le peux pas car, à Gaza, nous sommes encore privés de nos droits humains fondamentaux. »
Malgré le cessez-le-feu à Gaza, les violences persistantes et le blocage de l’aide humanitaire, en violation du droit international, continuent de menacer la vie et les droits fondamentaux des Palestiniens.
Une intervention de notre partenaire Basmeh & Zeitooneh au Liban
Zakia Kahhoul, responsable technique régionale de la protection chez Basmeh & Zeitooneh for Relief and Development - partenaire du SIF dans le cadre de ses projets de protection de l’enfance au Liban - est également intervenue lors de l’événement. Elle a participé à une table ronde intitulée : « Quel multilatéralisme au service du développement durable et du droit international humanitaire ? »
Cette session était animée par Pauline Chetcuti, présidente de VOICE (réseau humanitaire européen dont le SIF est membre), et réunissait également Élise Lesieur, directrice des opérations internationales de Médecins du Monde, ainsi qu’Anaïs Schill, experte en droit international à la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).
Au cours de son intervention, Zakia Kahhoul a mis en lumière les conséquences des conflits passés et actuels sur les enfants de la région, avec des impacts en termes d’inclusion sociale et économique sur le long terme. Depuis l’escalade des hostilités, de nombreuses écoles au Liban ont été transformées en abris temporaires pour les personnes déplacées, privant les enfants à la fois d’un accès à l’éducation et d’un environnement protecteur essentiel. Les enfants sont ainsi confrontés à d’importants défis psychosociaux et exposés à des risques accrus en matière de protection.
Quelques mois après la guerre de 2024, une enquête menée par le SIF visant à évaluer la santé mentale et les besoins psychosociaux des enfants a révélé que 46 % des enfants interrogés continuaient de ressentir un niveau élevé de peur. Le rapport est disponible en ligne en anglais ici :
Children’s Mental Health Assessment & War Impact in Lebanon (EN)
Faire le lien entre société civile et décideurs politiques
Au-delà des interventions et des tables rondes organisées par les organisations de la société civile, l'absence de représentants et représentantes de haut niveau de la présidence française du G7 a été remarquée, dans un contexte où les enjeux portés par la société civile appellent un engagement politique fort.
Laura Le Floch, responsable adjointe du plaidoyer au SIF, a pourtant souligné l’importance de cette rencontre dans le cadre du processus du G7 :
« Le C7 est une initiative essentielle pour que les acteurs de la société civile puissent s’exprimer à l’approche du sommet du G7 et porter les recommandations des populations les plus vulnérables ; alors même que la société civile aura une participation très limitée au G7 à Evian, avec seulement quelques représentants sur place dans l'espace Média. Au cours du C7, nous avons entendu des collègues qui, comme le SIF, poursuivent leurs actions dans un contexte de mépris accru du droit international, dans des contextes sécuritaires toujours plus complexes et avec des financements de plus en plus contraints. Nous devons veiller à ce que, lors du G7, les voix des acteurs de la société civile et des personnes avec lesquelles nous travaillons à travers le monde soient entendues. »
Une rencontre a été organisée à l’Élysée à la suite du C7 avec le Président de la République, Emmanuel Macron, et les groupes d’engagement de la société civile. À cette occasion, les représentants du Civil 7 France 2026 ont rappelé la nécessité d’associer pleinement la société civile aux discussions du G7 et de porter les enjeux relégués au second plan, tels que l’égalité de genre, la justice climatique, le respect du droit international et le maintien des financements du développement.
À l’issue de cette réunion, au cours de laquelle les acteurs de la société civile ont exprimé leurs préoccupations quant à leur faible représentation dans les négociations, Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations unies, a appelé les dirigeants du G7 à agir dans une tribune publiée dans Le Monde le 16 juin :
« Mon appel aux dirigeants du G7 est le suivant : utilisez le pouvoir qui est le vôtre. Défendez le droit international et celles et ceux qu’il protège. Faites de votre influence un levier pour permettre l’accès humanitaire et mettre fin aux conflits. La somme nécessaire n’est pas hors de portée. Pour donner un ordre de grandeur, ces 20,7 milliards d’euros [le montant cible fixé par l'ONU pour l'aide humanitaire] représentent l’équivalent de trois jours et demi de dépenses mondiales en armement et en défense. »
Un bilan du G7 décevant pour la société civile
Le G7 s’est conclu le 17 juin en laissant un goût amer à la société civile et aux acteurs de la solidarité internationale. Malgré des déclarations fortes sur les contextes fragiles auxquels sont confrontées les populations les plus vulnérables, aucune annonce n’a été faite concernant la baisse des financements de l’aide publique au développement. Pourtant, 96% des coupes budgétaires de 2025 proviennent des pays du G7. Les Etats ont surtout réaffirmé leur volonté de mobiliser davantage les financements privés.
Par ailleurs, aucune discussion n’a permis de mettre en avant la nécessité de renforcer le respect du droit international humanitaire, alors même que les violations de celui-ci ne cessent de se multiplier.
Selon Corentin Mariniault, chargé de plaidoyer et d'analyse à Coordination SUD et représentant du C7, « aucune réelle solution n’apparaît pour compenser l’effondrement de l’APD. Comment les pays du G7 vont pouvoir concrétiser leurs engagements en faveur du développement humain et de l’action humanitaire ? Pour la société civile, c’est un coup d’épée dans l’eau. »



