Au Tchad, FDAL (ou fin de défécation à l’air libre) rime avec vital

 
A l’entrée de plusieurs villages des régions de Maro et Moissala, au Sud du Tchad, trône fièrement un panneau flambant neuf sur lequel est inscrit : « Zéro défécation à l’air libre ». Dans un pays où plus de trois personnes sur cinq n’ont pas accès à des toilettes, d’après l’Unicef, cette inscription est tout ce qu’il y a de plus sérieux et constitue un juste motif de fierté.
 
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Plusieurs villages, dont celui de Kouma, dans la préfecture de Maro dans le sud du Tchad, ont organisé des cérémonies pour fêter leur nouveau statut "FDAL". Photo : SIF/Camille Cluzeaud
 
 
Aujourd’hui, quinze villages peuvent s’enorgueillir du statut FDAL (pour « fin de la défécation à l’air libre ») et d’autres devraient suivre leur exemple dans le cadre d’un projet mis en place par le Secours Islamique France avec l’appui initial de l’Unicef. Pour lutter contre la défécation à l’air libre, cause de nombreuses contaminations et de propagation de maladies, nous sensibilisons les habitant.e.s aux risques liés à l’absence de sanitaires et les encourageons à construire leurs propres latrines.
 
Grâce à des formations et à la supervision technique de nos équipes, tous les ménages de ces quinze villages ainsi que ceux d’un site et de plusieurs ensembles de « retournés » (des familles tchadiennes immigrées en Centrafrique voisine qui ont dû fuir et rentrer au Tchad) disposent aujourd’hui de toilettes qu’ils ont eux-mêmes construites ou qu’ils partagent avec des voisins. Les familles les plus vulnérables, notamment les femmes âgées ou seules, bénéficient par ailleurs d’une aide de notre part, lorsque celle du voisinage ne suffit pas, pour construire des latrines.
 
 

Améliorer l'accès à l'eau et aux services d'assainissement : une priorité

Afin de célébrer cette réussite et de mettre en valeur l’engagement des communautés villageoises concernées, des cérémonies et festivités ont été organisées en présence des autorités. Ces manifestations ont été l’occasion de remettre aux villageois et villageoises des savons et des nattes (pour organiser les réunions communautaires) et de faire connaître ces initiatives plus largement.
 
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme global d’amélioration de l’accès à l’eau potable, d’hygiène et d’assainissement mené par le SIF au Tchad et démarré avec le soutien de l’Unicef en 2015. Celui-ci comprend trois volets principaux : les forages de puits (et au-delà, l’appui à la gestion à long terme de ces sources d’eau potable vitales), la sensibilisation à l’hygiène par des activités auprès des familles et des écoles, et l’assainissement (dont la fin de la défécation à l’air libre est une composante essentielle).
 
Forts de ces succès, nous poursuivons ces activités dans d’autres villages tchadiens. Au Tchad, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans reste parmi les plus élevés au monde, en partie en raison d’un faible accès à l’eau potable et aux installations sanitaires. Pour des milliers d’enfants, la présence de ce panneau signalant la « fin de la défécation à l’air libre » ou « FDAL » à l’entrée de leur village rime donc bel et bien avec « vital ».
 
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Ces latrines, de deux types différents, ont été construites par les villageois de Kouma eux-mêmes, grâce aux actions de sensibilisation et aux conseils du SIF. Photo : SIF/Camille Cluzeaud